Votre peau a sept couches.
Les quatre du haut, c'est l'épiderme. C'est la peau que vous voyez dans le miroir, celle qui sourit, qui boude, qui trahit votre fatigue. Mais en réalité elle ne fait rien. Elle ne fabrique rien. C'est une vitrine.
En dessous, il y a le derme. C'est là que votre peau vit vraiment. C'est là que le collagène se fabrique. C'est là que l'élastine se fabrique. C'est là que l'hydratation interne se fabrique. C'est là que vous rajeunissez ou que vous vieillissez. Pas en haut. En bas.
Et tout en haut, il y a une couche que personne ne vous a jamais nommée. Elle s'appelle la couche cornée. C'est elle qui décide si vos crèmes entrent dans votre peau, ou si elles restent à la surface.
Voici ce qu'on vous a caché.
À 30 ans, votre couche cornée fait quelques dizaines de microns. Fine, souple, perméable. Les actifs de vos crèmes passent à travers en quelques minutes et atteignent le derme. C'est pour ça que vos crèmes marchaient à 30 ans.
À partir de la ménopause, votre couche cornée triple d'épaisseur.
Triple.
Elle accumule des cellules mortes que votre peau n'élimine plus aussi efficacement parce que vos œstrogènes ont chuté. Elle devient une muraille. Et vos crèmes, toutes vos crèmes, même les plus chères, même celles de pharmacie qu'on vous a vendues comme « adaptées aux peaux matures » restent bloquées à la surface. Elles ne descendent plus.
Voilà l'adresse qui n'existe plus.
Le derme, là où votre peau vit, là où elle se répare, là où elle fabrique le collagène, il existe toujours. Il est toujours capable de recevoir, de travailler, de répondre. Mais la couche cornée s'est épaissie à ce point que plus aucune lettre n'arrive jusqu'à lui.
Vous avez passé quinze ans à changer de timbre. Vous êtes passée de la Diadermine à la Nivea, de la Nivea à la Vichy, de la Vichy à la La Roche-Posay, de la La Roche-Posay à la Caudalie, de la Caudalie à la Lancôme, de la Lancôme à la Sisley. Chaque fois plus cher. Chaque fois en vous disant que cette fois-ci ce serait la bonne.
Ce n'était pas le timbre le problème.
C'était l'adresse.